mardi 20 octobre 2009

Jenson Button, un champion bien de son temps


Jenson Button a décroché au GP de Sao Paulo son premier titre de champion du monde de Formule 1, alors qu'il avait terminé 18e et bon dernier en 2008. Avant le rendez-vous d'Abu Dhabi, dernière étape d’une saison très mouvementée, c’est l’occasion d’évoquer une compétition de plus en plus controversée.

Dans l'univers bling-bling de la F1, Jenson Button fait un excellent champion. Beau gosse, fêtard, il n'a pas à rougir quand il débarque dans les paddocks en compagnie de
Jessica Michibata, jeune et splendide mannequin argentine. En bon pilote de F1 qui se respecte, il possède un yacht et une résidence à Monaco, mais passe la plupart de son temps libre entre sa villa de Bahrein et sa maison de campagne à Weymouth, dans le sud de l'Angleterre.
Heureusement, le play-boy anglais n’a pas qu’un physique, il a aussi...du talent. Selon les experts, le coureur britannique est un pilote très habile. Présenté comme un surdoué du volant, il était jusqu’à présent l’exemple type du bon coureur dans le mauvais baquet, avant d’être consacré champion du monde avec Brawn GP, à 29 ans.

Engagé par Williams en 2000, Jenson Button n'avait remporté qu'un seul Grand Prix en 154 participations avant de s’élancer cette saison avec la nouvelle équipe de Ross Brawn. L'écurie surprise du championnat, cédée par Honda à son ancien directeur technique pour une livre symbolique (un comble dans un sport où l'argent coule à flots), a profité de la nouvelle réglementation pour mettre au point la monoplace la plus performante, bien avant ses concurrentes. "Jens" a bénéficié de cet avantage technologique pour remporter 6 des 7 premières courses du championnat. Ensuite, il s'est contenté de conserver son avance alors que les autres pilotes faisaient une partie de leur retard, et a été finalement sacré champion du monde sans avoir gagné la moindre course depuis le mois de juin...
Loin du débat sur Button et son titre de champion (avec ou) sans panache, force est de constater que le britannique a bien géré sa saison pour enfin réaliser son rêve, après dix ans de carrière. Pour cela, il faut le féliciter. Pour tout le reste, il faut se poser des questions.

Autrefois fleuron du sport automobile, la Formule 1 a incontestablement perdu de son éclat. La faute aux nombreuses affaires qui ont éclaboussé dernièrement la compétition, et à certains de ses dirigeants, indignes d'un sport d'élite.
Principal responsable, Bernie Ecclestone, le "grand argentier" et ami de Flavio Briatore (ça plante le décor). Cet ancien promoteur immobilier a fait de la F1 un véritable business qui lui a rapporté la sixième fortune de Grande-Bretagne. Lors du GP du Brésil, le milliardaire britannique a déclaré au quotidien Folha que la mort d'Ayrton Senna à Imola en 1994 "fut triste, mais la publicité telle...qu'elle fut bonne pour la F1". Ce commentaire résume bien le personnage, qui devrait être suspendu de parler à vie.

Plus globalement, c'est l'image de la F1 qui est aujourd'hui en berne. De jeunes sportifs résidant dans des paradis fiscaux et qui travaillent peu pour gagner énormément; des écuries qui façonnent des bolides capables d'atteindre 350 km/h alors que des radars automatiques poussent chaque jour au bord des routes; une organisation sportive qui transporte des tonnes de matériel par avion à travers le monde et contribue au réchauffement climatique : La F1 n'est pas vraiment dans l'air du temps.
Les institutions du sport automobile devront donner une nouvelle orientation à leur compétition reine, après les élections à la Présidence de la FIA. Construire des circuits respectueux de l’environnement ? Remplir les réservoirs des monoplaces avec du bioethanol ? Quels qu'ils soient, des changements radicaux sont nécessaires pour reconquérir le public.

En attendant, on peut toujours se remémorer l'âge d'or de la F1 en sortant du placard son bon vieux circuit TCR changement de file...L'occasion de rendre hommage au "professeur" Alain Prost, quadruple champion du monde et vainqueur de 51 Grand Prix entre 1980 et 1993. Preuve qu'il ne suffit pas d'avoir une belle gueule pour être un grand champion.

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