
Alors que les Bleus bataillent encore pour atteindre le Mondial de foot en 2010, la Corée du Nord a validé depuis belle lurette son ticket pour l'Afrique du Sud où elle jouera la deuxième Coupe du Monde de son histoire. Afin de se préparer, les nord-coréens sont actuellement en tournée amicale et touristique en France.
En obtenant le match nul face à l'Arabie Saoudite (0-0) en juin dernier, la Corée du Nord a obtenu sa qualification pour la prochaine Coupe du Monde, 43 ans après son unique participation lors du Mondial 1966 en Angleterre. Cette année-là, le public ne les connaissait pas et les nord-coréens avaient réalisé l'exploit d'éliminer l'Italie (1-0), devenant ainsi la première équipe asiatique à se qualifier pour les quarts de finale d'une Coupe du Monde avant de perdre face au Portugal d'Eusebio (3-5).
Aujourd'hui lorsque l'on évoque la Corée du Nord, dernière grande dictature communiste, c'est plus souvent pour commenter son programme nucléaire que son classement FIFA (106ème). Il faut dire que la sélection n'a pas eu l'opportunité de se mettre en valeur ces dernières années. A la suite d'une double défaite jugée humiliante en Corée du Sud et au Japon lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 1994, le "cher leader" Kim Jong-il avait interdit toute sortie du territoire aux équipes nationales pendant dix ans, entraînant de fait un forfait pour les éditions 1998 et 2002. Sous le régime communiste, le sport comme tout autre domaine, doit refléter l'éclat du parti et la réussite de ses dirigeants…
Cette restriction finalement levée, la Corée du Nord a pu disputer les éliminatoires de la zone Asie et se qualifier pour la phase finale de la prochaine Coupe du Monde. L'équipe a également le droit de participer à des rencontres amicales au-delà de ses frontières, et c'est dans ce cadre que les footballeurs nord-coréens effectuent un stage d'une dizaine de jours en Loire-Atlantique, leur seul déplacement sur le sol européen depuis plus de quarante ans.
Une conférence de presse rarissime a été autorisée à l'arrivée de la sélection nord-coréenne en France le 6 octobre, toute question de politique étant évidemment interdite. L'entraîneur Kim Jung-hun (aucun lien) a déclaré qu'il espérait "faire mieux qu'en 1966" et a dévoilé le programme de ce séjour dépaysant : une rencontre amicale face au FC Nantes à la Roche-sur-Yon (pour les sudistes, c'est un peu comme si l'Iran rencontrait Arles à Vitrolles) et un match amical contre le Congo-Brazzaville au Mans, un évènement aussi difficile à croire qu'à écrire.
Entre les matchs et les entraînements, la délégation de 28 membres (dont 19 joueurs) a précisé qu'elle en profiterait pour visiter Nantes et sa région, puis Paris, avant de reprendre l'avion pour Pyongyang. Une chance inouïe pour ces footballeurs qui ont l’occasion de découvrir un bout d'Europe, alors que leurs compatriotes n'ont pas le droit de mettre un orteil en-dehors du territoire.
Les "chollima" (surnom des footballeurs nord-coréens signifiant "chevaux ailés") feront donc un autre séjour longue-durée en 2010, pour défendre leurs couleurs au Mondial. Quant aux 22 millions de nord-coréens enfermés dans leur pays, ils pourront suivre l'aventure de l'équipe nationale sur l'unique chaîne de télévision qui devrait exceptionnellement diffuser des images provenant de l'étranger.
L'Afrique du Sud organisera l'été prochain la première Coupe du Monde sur le sol africain, 19 ans après la fin de l'apartheid. La nation arc-en-ciel pourrait être le théâtre d'une affiche inédite entre la Corée du Nord et les Etats-Unis où il serait question pour une fois de coup-francs à 25 mètres et non de tirs de missiles à courte portée. Comme dirait Gérard Holtz : "Vive le sport".
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