mardi 1 décembre 2009

24 heures avec de Roger Federer

La saison ATP s'est achevée ce week-end et Roger Federer termine n°1 mondial pour la 5ème fois de sa carrière. L'occasion de plonger dans le quotidien d'un superchampion du tennis...

07h45 : L’hymne de la confédération helvétique retentit. Roger Federer éteint le réveil d’un geste smashé.
07h46 : Roger se lève et embrasse sa femme, ses deux filles, ainsi que chacun des 15 trophées du Grand Chelem qui reposent dans sa villa de Wollerau, dans la banlieue de Zurich.
07h56 : Roger avale au petit-déj une barre de chocolat Milka et un grand verre de lait en regardant de loin une rediffusion de la finale de l'US Open 1995 remportée par Pete Sampras.
08h33 : Pour se réveiller, Roger s'approche de la piscine au fond de laquelle est représenté un énorme logo RF, inventé par Nike à son effigie. Parti pour plonger, il effectue au tout dernier moment un saut périlleux arrière en toute décontraction. Il enchaîne avec quelques brasses, sort de l'eau et se sèche avec une serviette Roland Garros.

09h28 : Roger part en footing s'entraîner sur herbe.
09h49 : Arrivé sur le court d’entraînement, jugeant le gazon un peu trop haut, Roger décide de le tondre lui-même à l'aide d'un couteau suisse.
10h30 : L’entraînement commence. Sans coach depuis mars 2009, Roger s’est procuré une machine à lancer les balles qui permet d’en envoyer deux à la fois. Il la met en route et court se placer pour frapper les premières.
10h51 : Mort d’ennui, il modifie les réglages de l’appareil pour passer à quatre balles envoyées en même temps. Sur le court voisin, Novak Djokovic peaufine son imitation de Gaël Monfils en se roulant par terre.
12h00 : Roger éteint le lanceur de balles en expédiant la dernière d’un coup droit puissant directement sur le bouton "on/off". Il rentre à pied tranquillement pour déjeuner en famille.

12h24 : Arrivé au portail, il relève le courrier destiné à la "Roger Federer Foundation" et claque le volet de la boite aux lettres d’un revers lifté à une main.
13h14 : Roger fait rebondir trois ou quatre fois une meule entière de gruyère et la sert à table.
15h19 : Il se réveille après une sieste de 61 minutes, comme le nombre de titres qu’il a remporté sur le circuit ATP.
15h34 : Federer se dirige vers son box pour se rendre à l’entraînement en voiture. Soudain, une pomme de pin-sylvestre se décroche d’une branche au-dessus de sa tête. Il l’expédie instantanément hors de la propriété d’une volée slicée.

16h00 : Entraînement sur terre battue. Gustavo Kuerten, vainqueur en carrière de 15 tournois sur cette surface, a accepté d’être son "sparring partner" pour l'occasion. Planté derrière le grillage, Andy Roddick filme les dérapages en gros plan avec son iPhone et prend des notes sur un cahier à spirales.
17h45 : Fin de l'entraînement. Épuisé, couvert de terre et trempé de sueur, le brésilien s'excuse pour la faible opposition qu'il a proposé. Roger le rassure, cette séance lui a permis de finir un bouquin.
17h46 : A la sortie du court, une demi-douzaine de jeunes filles se jettent sur "Guga" pour l'embrasser et obtenir une photo. Profitant de l'aubaine, Roger ne perd pas de temps et file au vestiaire.
17h54 : Avant de passer à la douche, il plie ses vêtements secs et ses chaussettes parfaitement blanches puis les range délicatement pour le lendemain.
18h23 : Sur le parking du club, il place ses raquettes entre les deux sièges bébés du 4x4 offert par son sponsor bavarois. Au même moment, Rafael Nadal débarque au volant de la toute dernière Ferrari F430. L’espagnol se gare à côté du numéro 1 mondial et le salue d'un "vamos" rageur en faisant hurler le moteur. Roger lui répond d’un signe amical de la main.

19h10 : Roger accueille chez lui des enfants en soutien scolaire et leur dispense bénévolement des cours d'allemand, de français et d'anglais dans une petite classe qu’il a fait construire au fond de son jardin.
20h45 : Invité au Parc Saint-Jacques, Roger assiste aux cotés de Marc Rosset à une rencontre amicale de football entre le FC Bâle et Neuchâtel Xamax au profit de l’UNICEF, dont il est ambassadeur depuis 2006.
21h34 : A la mi-temps, le score est de 0-0. Sous la pression du public, Roger accepte de chausser les crampons et enfile un maillot du FC Bâle floqué du n°10.
22h30 : L'arbitre siffle la fin du match remporté 4 buts à 0 par les bâlois. Federer a inscrit un triplé et délivré une passe décisive pour Alexander Frei.

23h22 : De retour à la maison, Roger consulte son compte bancaire sur internet. Un peu fatigué, il a du mal à distinguer le nombre de zéros présents sur le chiffre de son solde. Il décide de remettre à plus tard cette activité facultative.
23h29 : Il enlève du poignet la Rolex Daytona qu’il a reçu en cadeau de son partenaire et la dépose sur la table de nuit, juste à côté de la médaille d’or des J.O. de Pékin.
23h32 : Roger regarde La vie est belle de Roberto Benigni en version originale. Ému, il verse une larme à la fin du film et s’endort sereinement, en rêvant d'une victoire sur le Tour de France.

jeudi 19 novembre 2009

I had a dream

Stade de France, mercredi 18 novembre 2009. 23h13.
On joue la 104ème minute de France-Irlande quand Thierry Henry contrôle dans la surface et sert William Gallas qui marque de la tête. Le stade explose de joie (et de soulagement) alors que les joueurs irlandais se ruent sur l’arbitre pour protester. De leur côté, tous les Bleus félicitent le buteur. Tous sauf un. Thierry Henry, coupable d’une main flagrante, va voir l’arbitre et lui explique qu’il a retenu volontairement le ballon de la main sur l’action. Mr Hansson annule le but logiquement, dans la consternation générale. Les supporters français sont dépités (rien de pire qu’une fausse joie pas vrai ?) et après quelques minutes de confusion, le match reprend.

Les Bleus, toujours menés 1-0, continuent d’être largement dominés par les irlandais et ne parviennent pas à se procurer la moindre occasion. A la 119ème minute, alors que les deux équipes se dirigent vers la traditionnelle séance de tirs aux buts, Richard Dunne surgit sur corner et catapulte de la tête le ballon dans les cages de Lloris. 2-0 pour l’Irlande ! Cette fois, le Stade de France est K.O. L’Irlande se qualifie pour le Mondial grâce à cette victoire héroïque. La France n’ira pas en Afrique du Sud et rate ainsi la Coupe du Monde pour la première fois depuis 1994.

Pendant que les irlandais, en larmes, se tombent dans les bras et remercient les 15 000 supporters qui ont fait le déplacement, Thierry Henry s’explique au micro de David Astorga : "Tout est allé très vite. J'empêche le ballon de sortir avec la main et je le passe avec le pied à William, mais 10 secondes après j’ai réalisé qu’on ne pouvait pas se qualifier comme ça. C'était trop gros et injuste".

Interrogé dans la foulée, Raymond Domenech déclare après la défaite :"Un échec ? Non. Je suis très fier de la réaction de Titi. L’humilité et le fair-play sont des valeurs que j’ai véhiculé dans le groupe pendant ces 4 années à la tête de l’équipe de France, je suis content de ce qu’ils ont retenu. - Déçu de ne pas aller en Afrique du Sud ? Pas tellement, j’ai prévu d’y aller en janvier avec Estelle, c’est la meilleure saison."

Le lendemain de la défaite, la France se réveille groggy mais la tête haute. La presse nationale évoque l’absence des Bleus à la Coupe du Monde mais salue unanimement l’honnêteté du joueur du Barça, qui a su montrer l’exemple. L’Equipe titre « C’est beau un monde qui joue » en référence à Henry et à la performance des irlandais. Pour Le Parisien : « Henry sauve l’honneur de la France ». L'édito dénonce la piètre performance des Bleus qui ne méritaient pas de se qualifier.

Les quotidiens étrangers évoquent eux aussi largement la réaction exemplaire de l'attaquant français, de plus en plus rare sur les terrains de foot : « It's just a game » reprend The Sun outre-manche. Pour The Irish Times, le n°12 tricolore devient « Thierry Hero » et The Times y va de son « God save Henry ». En première page de The Independant, on peut lire « Fair Play 1–0 Video » qui évoque le sempiternel débat sur l’arbitrage.

A 11h, Jean-Pierre Escalettes annonce officiellement (devant un parterre de journalistes en folie) que Raymond Domenech sera remplacé par Laurent Blanc une fois la saison terminée avec Bordeaux. L’objectif du "Président" sera de qualifier la France et d'atteindre le dernier carré à l’Euro 2012.

Vers 14h, les joueurs français se laissent aller aux commentaires. Malgré la déception de ne pas aller au Mondial, Lassana Diarra se réjouit de la nomination de Blanc à la tête des Bleus, "un ancien champion du monde qui, lui, a tout gagné". William Gallas est l’un des premiers à mettre en cause directement l’ancien coach et déclare que "son discours n’est jamais passé dans le vestiaire".

En fin de journée, les langues commencent à se délier. Pour Patrice Evra, Domenech "n’avait pas le niveau international". Jérémie Toulalan en rajoute une couche, "on l'a soutenu alors qu'on ne comprenait pas ses choix. Et sur le terrain, on était laissés à l’abandon". Yohann Gourcuff, quant à lui, avoue être "soulagé" par le départ de Raymond et remercie la compagne du sélectionneur d’être "restée discrète" en évoquant une aventure qu'il aurait eu avec elle à Biarritz en 2004. Un silence sans lequel "(il) n’aurait jamais pu connaître (ses) premières sélections sous le maillot bleu".

Stade de France, mercredi 18 novembre 2009. 23h13…

mardi 17 novembre 2009

Identité nationale : Irlande 0, France 1

Alors que la question sur l’identité nationale agite l'hexagone sur le terrain politique, qu’en est-il sur les terrains de football ? La confrontation Irlande – France en barrages de la Coupe du Monde 2010 est le meilleur exemple pour illustrer ce débat.

Avant le match aller, les irlandais promettaient aux français l’enfer à Croke Park : 80 000 supporters déchaînés et 11 guerriers sur le terrain. Au final, il y a eu 80 000 supporters déchainés et 11 joueurs juste disciplinés. Les verts n’ont pas affiché l’engagement, la rage de vaincre annoncée. Ils n’ont pas mis de folie dans leur jeu, ils n’ont pas non plus déclaré la guerre sur le terrain comme attendu. Alors c’est ça l’Irlande ? Bouh c'est nul ! La France n’a pas eu à forcer son talent pour ramener de Dublin une courte mais précieuse victoire (0-1). Elle n’a surtout pas eu à combattre face à des irlandais qui, à défaut de jouer avec leur cœur, ont suivi la tactique stricte mise en place par Giovanni Trapattoni. L’Irlande s’est-elle trahie en nommant un entraîneur italien en charge de l’équipe nationale ? Comment le Trap’ va-t-il préparer ses joueurs pour renverser la situation au retour, lui qui vient du pays du Catenaccio ? Nul doute que Roy Keane (l’ancien "boucher" de Manchester United pressenti pour succéder à l’italien) aurait en tout cas sa propre méthode pour motiver ses compatriotes…

De son côté, la France peut se targuer d’avoir un entraîneur français. Certes, ce n’est pas "Raymond la science", mais il a au moins le mérite de chanter la Marseillaise en début de match. Bon, en fin de match par contre, on flippe toujours un peu qu’il propose à Estelle un week-end à Venise ou un troisième enfant…(je le pense aussi capable de s’auto-demander en mariage un jour). Outre sa personnalité difficile et ses choix discutables, Raymond Domenech respecte la tradition française : il n’a aucun style de jeu. Roger Lemerre avait-il mis en place un système de jeu particulier en 2000 ? Et pourtant, on a gagné l’Euro. Les bleus d’Aimé Jacquet avait-il un fond de jeu en 1998 ? Et pourtant on a gagné la Coupe du Monde (avec Stéphane Guivarc’h titulaire). Depuis des lustres, le jeu de l’équipe de France ne repose que sur les épaules d’un joueur exceptionnel, un magicien du ballon, avec dix maillots bleus autour. Entre les deux périodes fastes de l’équipe de France (entre Platini et Zidane donc), la France a carrément raté deux Coupes du Monde, en 1990 et en 1994. Et depuis que ZZ est devenu un businessman à temps plein, l’équipe de France souffre de l’absence d’un n°10 de génie, et elle se retrouve aujourd’hui en barrages.

Alors que l’on connaît déjà 26 nations qualifiées pour la Coupe du Monde, on peut dire qu’au moins un tiers des entraîneurs (11 exactement) représenteront un pays qui n’est pas le leur. L’Afrique du Sud, pays organisateur, en fait d’ailleurs partie depuis que le brésilien Carlos Alberto Parreira a pris les rênes des Bafana Bafana en octobre. Vahid Halilodzic entraînera lui la Côte d’Ivoire (une évidence pour cet homme qui respire le soleil et la chaleur humaine), l’argentin Marcelo Bielsa emmènera le Chili (qu’il a qualifié pour le Mondial en battant son propre pays). Quant à Fabio Capello, à la tête de l’équipe d’Angleterre, je lui souhaite sincèrement de ne pas rencontrer l’Italie en finale. Si jamais c’est le cas, je l’observerai avec attention au moment des hymnes nationaux. Ce protocole devrait en effet lui donner l’occasion de mesurer pleinement le pétrin dans lequel il se trouve…

Pour en revenir au match qui nous intéresse, souhaitons de voir au Stade de France une équipe d’Irlande combative, oubliant les consignes de son coach et jouant avec ses tripes pour représenter la fierté du peuple irlandais. Mais avant tout, souhaitons de voir un grand Yohann Gourcuff, capable de mettre en valeur ses partenaires ou de faire basculer une rencontre à lui tout seul... Irlande – France : deuxième manche.

mardi 3 novembre 2009

Le foot européen est Internazionale

Tout a commencé avec l'arrêt Bosman en 1995. Puis il y a eu les nettement moins médiatisés arrêts Malaja (2002) et Kolpak (2003). Ces décisions fondamentales sur la libre circulation des joueurs entre les clubs ont révolutionné le monde du football professionnel, et ont permis à l'Inter Milan de n'aligner aucun joueur italien samedi dernier en Serie A.


L'Internazionale FC Milano a été créé en 1908 par un groupe de dissidents du Milan AC, l'autre club de la ville, à qui ils reprochaient de ne pas embaucher de joueurs étrangers. Les fondateurs de l'Inter ont baptisé le club ainsi pour symboliser leur volonté de donner une chance à des joueurs internationaux d'évoluer en Italie.

Un siècle plus tard, le moins que l'on puisse dire, c'est que le club respecte les principes de sa création. Pour le compte de la 11ème journée du Calcio, l’Inter Milan, leader du championnat, s’est imposé à Livourne (0-2) et pas un seul italien n’a participé à cette rencontre avec le maillot nerazzuro. 4 argentins (J. Zanetti, W. Samuel, E. Cambiasso, D. Milito) 4 brésiliens (Julio César, Maicon, Lucio, Mancini), 1 colombien (I. Cordoba), 1 slovène (R. Khrin), 1 serbe (D. Stankovic), 1 français (P. Vieira), 1 ghanéen (S. Muntari) et 1 camerounais (S. Eto’o) ont foulé la pelouse, sous les ordres d’un entraîneur portugais, José Mourinho...


Le 15 décembre 1995, la Cour Européenne de Justice (CEJ) rendait le célèbre arrêt Bosman et laissait présager de profonds changements dans le football professionnel en Europe, avec la suppression de quotas pour les joueurs intra-communautaires. Deux autres décisions fondamentales ont accéléré le processus d'internationalisation des équipes européennes : En décembre 2002, l'arrêt Malaja a étendu le champ d'application de l'arrêt Bosman à 22 nouveaux pays (Ex-URSS, Balkans, Turquie, Maghreb) ; En mai 2003, l'arrêt Kolpak l'a étendu de manière encore plus significative, à 77 autres pays d'Afrique, du Pacifique et des Caraïbes.

Les ressortissants des pays ne rentrant pas dans le cadre de ces arrêts, comme les argentins ou les brésiliens (ou les thaïlandais, mais c'est plus rare), sont eux considérés comme des joueurs extra-communautaires et sont limités à 4 par club. SAUF s'ils peuvent justifier d'un passeport communautaire, qu'ils obtiennent en général facilement en s'inventant une grand-mère suédoise ou une arrière grand-père roumain.


En résumé, à l'heure actuelle, à peu près n'importe quel joueur peut signer sans contraintes dans n'importe quel club de l'UE.

Roman Abramovitch, riche propriétaire de Chelsea, pourrait par exemple décider si ça lui chante de faire venir toute l’équipe nationale de Russie à Londres pour jouer en Premier League sous les couleurs des Blues...Absurde oui, mais pas impossible. En 2004, le KSK Bereven a présenté 11 ivoiriens face au FC Bruges en finale de la Coupe de Belgique, finalement remportée par les belges 4 buts à 2.


Heureusement, il reste en Europe au moins un club qui résiste à la tentation des joueurs internationaux, et ce au profit de joueurs locaux : l'Atletic Bilbao. La politique du club, très stricte, est de former les meilleurs jeunes du Pays Basque, et surtout de ne recruter pour l’équipe pro que des joueurs originaires de la région. Et pour cela, Bilbao mérite un immense respect. Sportivement, l'Atletic prouve en plus qu'il est tout à fait possible de rivaliser avec les meilleures formations sans avoir recours à des joueurs étrangers : Bilbao est en effet la seule équipe de Liga avec le Real Madrid et le FC Barcelone à n’avoir jamais connu la relégation en 2ème division...


Autre motif de satisfaction, le Président de la FIFA Sepp Blatter tente depuis peu d’imposer à l’UEFA la règle du "6+5" qui obligerait les clubs à aligner à chaque coup d’envoi soit 6 joueurs nationaux (ce qui contredit le principe de libre circulation dans l’UE), soit 6 joueurs formés au club. Bien que l'instance européenne du football n'y soit pas vraiment favorable pour l’instant, Michel Platini s’est déclaré ouvert au débat.

Jusqu'à d'éventuelles législations qui pourraient mettre fin à certaines dérives du foot-business, espèrons que les dirigeants des grands clubs européens sauront être raisonnables. Reste à savoir : Grenoble aurait-il déjà gagné un match cette saison (12 défaites en 12 matchs de Ligue 1) si le Président Kazutoshi Watanabe avait recruté onze japonais au mercato ?

mardi 27 octobre 2009

Cleveland le vaut bien


Yes ! George Eddy est toujours là et le championnat de NBA reprend cette nuit. En plus, la saison qui s'ouvre s'annonce particulièrement passionnante. Parmi les sérieux prétendants au titre détenu par les L.A. Lakers, les Cleveland Cavaliers de Lebron James et Shaquille O'Neal sont bien placés. Pour eux, c'est un peu la saison ou jamais.

Ancien centre industriel situé sur les rives du Lac Erié, Cleveland (Ohio) a subi de plein fouet la désindustrialisation dans la seconde moitié du XXè siècle. Alors qu'elle se reconvertissait dans les services financiers et les assurances (bien vu), la ville a été violemment touchée pas la crise des subprimes en 2007. Des milliers de logements ont été saisis et des quartiers entiers sont aujourd'hui abandonnés. A l'instar d'autres métropoles de la région des Grands Lacs, comme Detroit ou Buffalo, le chômage et la criminalité sont en forte hausse.
Pour l'instant, il ne faut pas compter sur le sport pour remonter le moral des habitants de Cleveland. Malgré la présence de trois franchises professionnelles (les Browns en NFL, les Indians en MLB, et les Cavaliers en NBA), la ville n'a remporté aucun titre national depuis 1964. Cleveland est d'ailleurs considérée aux Etats-Unis comme une ville maudite sportivement.
Pourtant, depuis quelques années, les habitants de "Forrest City" ont de sérieuses raisons d'espérer enfin un titre de champion.


En 2003, les Cleveland Cavs obtiennent le 1er choix de draft et choisissent LeBron James, immense espoir du basket américain né à Akron, dans l'Ohio. Surnommé "The Chosen One", l'enfant du pays, passé directement du lycée à la NBA, doit mettre fin aux années de disette de Cleveland dans les championnats professionnels. Le successeur désigné de Michael Jordan a une pression énorme sur les épaules, mais va rapidement confirmer son talent incroyable et assumer son rôle de leader au sein de la franchise. En 2007, "King James" emmène sa franchise jusqu'aux finales NBA pour la première fois de son histoire, avant de se faire balayer par les Spurs de San Antonio (4-0). Les médias américains diront à l'époque que Cleveland est une ville "torturée"...
Depuis, LeBron James a progressé. Élu
MVP de la saison en 2008, le n°23 est en pleine maturité et compte bien remporter sa première bague de champion cette année, avant la fin de son contrat avec les Cavaliers.

Conscients qu'il fallait mettre le paquet avant que James ne devienne
free-agent, les dirigeants des Cavs ont fait signer cet été Shaquille O'Neal, le vétéran. A 37 ans, le célèbre pivot souhaite relever un dernier challenge après 17 saisons en NBA et 4 titres de champion. Son expérience ainsi que ses 147 kilos devraient peser cette année dans la raquette des Cavaliers, qui cherchent plus d'impact à l'intérieur. Le "Shaq" a fait une préparation d'avant-saison à sa manière, puisqu'il a profité de l'été pour créer une émission de télé-réalité, Shaq vs., dans laquelle il a affronté certains des meilleurs athlètes du monde dans leurs sports respectifs. A ne pas manquer, le combat contre Oscar De La Hoya. O'Neal sera sûrement plus à l'aise sur les parquets qu'en piscine face à Michael Phelps, il aura en tout cas à coeur de faire taire les critiques des spécialistes, qui le jugent trop vieux et trop lent face à la nouvelle génération.

Bon, OK, il faut avouer que Cleveland n'est pas l'équipe la plus glamour de la NBA. Un nom de franchise franchement moyen, un maillot relativement laid, une ville du Midwest...c'est sûr ça fait moins rêver que les Boston Celtics de Kevin Garnett ou le Orlando Magic de Vince Carter. Mais si une bague de champion suffit à redonner le sourire aux 445 431 habitants de Cleveland, on veut bien supporter les Cavaliers, mais juste pour cette année alors. Go Cavs ! (en français, "Allez les Caaaaaaaaves").

mardi 20 octobre 2009

Jenson Button, un champion bien de son temps


Jenson Button a décroché au GP de Sao Paulo son premier titre de champion du monde de Formule 1, alors qu'il avait terminé 18e et bon dernier en 2008. Avant le rendez-vous d'Abu Dhabi, dernière étape d’une saison très mouvementée, c’est l’occasion d’évoquer une compétition de plus en plus controversée.

Dans l'univers bling-bling de la F1, Jenson Button fait un excellent champion. Beau gosse, fêtard, il n'a pas à rougir quand il débarque dans les paddocks en compagnie de
Jessica Michibata, jeune et splendide mannequin argentine. En bon pilote de F1 qui se respecte, il possède un yacht et une résidence à Monaco, mais passe la plupart de son temps libre entre sa villa de Bahrein et sa maison de campagne à Weymouth, dans le sud de l'Angleterre.
Heureusement, le play-boy anglais n’a pas qu’un physique, il a aussi...du talent. Selon les experts, le coureur britannique est un pilote très habile. Présenté comme un surdoué du volant, il était jusqu’à présent l’exemple type du bon coureur dans le mauvais baquet, avant d’être consacré champion du monde avec Brawn GP, à 29 ans.

Engagé par Williams en 2000, Jenson Button n'avait remporté qu'un seul Grand Prix en 154 participations avant de s’élancer cette saison avec la nouvelle équipe de Ross Brawn. L'écurie surprise du championnat, cédée par Honda à son ancien directeur technique pour une livre symbolique (un comble dans un sport où l'argent coule à flots), a profité de la nouvelle réglementation pour mettre au point la monoplace la plus performante, bien avant ses concurrentes. "Jens" a bénéficié de cet avantage technologique pour remporter 6 des 7 premières courses du championnat. Ensuite, il s'est contenté de conserver son avance alors que les autres pilotes faisaient une partie de leur retard, et a été finalement sacré champion du monde sans avoir gagné la moindre course depuis le mois de juin...
Loin du débat sur Button et son titre de champion (avec ou) sans panache, force est de constater que le britannique a bien géré sa saison pour enfin réaliser son rêve, après dix ans de carrière. Pour cela, il faut le féliciter. Pour tout le reste, il faut se poser des questions.

Autrefois fleuron du sport automobile, la Formule 1 a incontestablement perdu de son éclat. La faute aux nombreuses affaires qui ont éclaboussé dernièrement la compétition, et à certains de ses dirigeants, indignes d'un sport d'élite.
Principal responsable, Bernie Ecclestone, le "grand argentier" et ami de Flavio Briatore (ça plante le décor). Cet ancien promoteur immobilier a fait de la F1 un véritable business qui lui a rapporté la sixième fortune de Grande-Bretagne. Lors du GP du Brésil, le milliardaire britannique a déclaré au quotidien Folha que la mort d'Ayrton Senna à Imola en 1994 "fut triste, mais la publicité telle...qu'elle fut bonne pour la F1". Ce commentaire résume bien le personnage, qui devrait être suspendu de parler à vie.

Plus globalement, c'est l'image de la F1 qui est aujourd'hui en berne. De jeunes sportifs résidant dans des paradis fiscaux et qui travaillent peu pour gagner énormément; des écuries qui façonnent des bolides capables d'atteindre 350 km/h alors que des radars automatiques poussent chaque jour au bord des routes; une organisation sportive qui transporte des tonnes de matériel par avion à travers le monde et contribue au réchauffement climatique : La F1 n'est pas vraiment dans l'air du temps.
Les institutions du sport automobile devront donner une nouvelle orientation à leur compétition reine, après les élections à la Présidence de la FIA. Construire des circuits respectueux de l’environnement ? Remplir les réservoirs des monoplaces avec du bioethanol ? Quels qu'ils soient, des changements radicaux sont nécessaires pour reconquérir le public.

En attendant, on peut toujours se remémorer l'âge d'or de la F1 en sortant du placard son bon vieux circuit TCR changement de file...L'occasion de rendre hommage au "professeur" Alain Prost, quadruple champion du monde et vainqueur de 51 Grand Prix entre 1980 et 1993. Preuve qu'il ne suffit pas d'avoir une belle gueule pour être un grand champion.

mardi 13 octobre 2009

La Corée du Nord en voyage organisé


Alors que les Bleus bataillent encore pour atteindre le Mondial de foot en 2010, la Corée du Nord a validé depuis belle lurette son ticket pour l'Afrique du Sud où elle jouera la deuxième Coupe du Monde de son histoire. Afin de se préparer, les nord-coréens sont actuellement en tournée amicale et touristique en France.


En obtenant le match nul face à l'Arabie Saoudite (0-0) en juin dernier, la Corée du Nord a obtenu sa qualification pour la prochaine Coupe du Monde, 43 ans après son unique participation lors du Mondial 1966 en Angleterre. Cette année-là, le public ne les connaissait pas et les nord-coréens avaient réalisé l'exploit d'éliminer l'Italie (1-0), devenant ainsi la première équipe asiatique à se qualifier pour les quarts de finale d'une Coupe du Monde avant de perdre face au Portugal d'Eusebio (3-5).

Aujourd'hui lorsque l'on évoque la Corée du Nord, dernière grande dictature communiste, c'est plus souvent pour commenter son programme nucléaire que son classement FIFA (106ème). Il faut dire que la sélection n'a pas eu l'opportunité de se mettre en valeur ces dernières années. A la suite d'une double défaite jugée humiliante en Corée du Sud et au Japon lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 1994, le "cher leader" Kim Jong-il avait interdit toute sortie du territoire aux équipes nationales pendant dix ans, entraînant de fait un forfait pour les éditions 1998 et 2002. Sous le régime communiste, le sport comme tout autre domaine, doit refléter l'éclat du parti et la réussite de ses dirigeants…
Cette restriction finalement levée, la Corée du Nord a pu disputer les éliminatoires de la zone Asie et se qualifier pour la phase finale de la prochaine Coupe du Monde. L'équipe a également le droit de participer à des rencontres amicales au-delà de ses frontières, et c'est dans ce cadre que les footballeurs nord-coréens effectuent un stage d'une dizaine de jours en Loire-Atlantique, leur seul déplacement sur le sol européen depuis plus de quarante ans.

Une conférence de presse rarissime a été autorisée à l'arrivée de la sélection nord-coréenne en France le 6 octobre, toute question de politique étant évidemment interdite. L'entraîneur Kim Jung-hun (aucun lien) a déclaré qu'il espérait "faire mieux qu'en 1966" et a dévoilé le programme de ce séjour dépaysant : une rencontre amicale face au FC Nantes à la Roche-sur-Yon (pour les sudistes, c'est un peu comme si l'Iran rencontrait Arles à Vitrolles) et un match amical contre le Congo-Brazzaville au Mans, un évènement aussi difficile à croire qu'à écrire.
Entre les matchs et les entraînements, la délégation de 28 membres (dont 19 joueurs) a précisé qu'elle en profiterait pour visiter Nantes et sa région, puis Paris, avant de reprendre l'avion pour Pyongyang. Une chance inouïe pour ces footballeurs qui ont l’occasion de découvrir un bout d'Europe, alors que leurs compatriotes n'ont pas le droit de mettre un orteil en-dehors du territoire.

Les "chollima" (surnom des footballeurs nord-coréens signifiant "chevaux ailés") feront donc un autre séjour longue-durée en 2010, pour défendre leurs couleurs au Mondial. Quant aux 22 millions de nord-coréens enfermés dans leur pays, ils pourront suivre l'aventure de l'équipe nationale sur l'unique chaîne de télévision qui devrait exceptionnellement diffuser des images provenant de l'étranger.

L'Afrique du Sud organisera l'été prochain la première Coupe du Monde sur le sol africain, 19 ans après la fin de l'apartheid. La nation arc-en-ciel pourrait être le théâtre d'une affiche inédite entre la Corée du Nord et les Etats-Unis où il serait question pour une fois de coup-francs à 25 mètres et non de tirs de missiles à courte portée. Comme dirait Gérard Holtz : "Vive le sport".

mardi 6 octobre 2009

L'OM vend un maillot qui n'existe pas

En ce qui concerne le merchandising, l'Olympique de Marseille est un exemple pour tous les clubs français. Mais depuis le 16 septembre, l'OM a mis en vente sur son site un maillot vraiment particulier.

Outre la quantité considérable de produits dérivés (environ 700 parmi lesquels des casques de moto, des tétines ou du parfum) l'OM est le champion incontesté du nombre de maillots vendus en France chaque saison. Les chiffres augmentent régulièrement depuis cinq ans et 420 000 unités ont été écoulées en 2008, dont 1/4 seulement en région PACA. L'an dernier, le business du merchandising a rapporté 40 millions d'euros dans les caisses du club, dont 8 millions d'euros de marge brute.

3 modèles différents sont normalement mis en vente : le maillot domicile, le maillot extérieur et enfin le maillot appelé bêtement "third" porté généralement pour les Coupes d'Europe. Cette année, l'OM et Adidas espèrent battre tous les records en proposant au public un 4ème maillot que les joueurs ne porteront jamais !

La société de paris sportifs en ligne BetClic a signé un contrat de sponsoring avec l'Olympique de Marseille et devait apparaître sur les maillots en Ligue des Champions pour la saison 2009-2010. Malheureusement, les joueurs ne peuvent évoluer avec ce maillot en France puisque la loi interdit la publicité pour les sites de paris sportifs jusqu'à l'ouverture à la concurrence qui interviendra le 1er janvier 2010 (au plus tôt).
L'OM avait donc décidé d'inscrire deux sponsors pour la Ligue des Champions : BetClic pour les matchs joués dans les pays où la loi autorise la publicité pour les bookmakers, et Direct Energie pour les matchs disputés dans les pays où la loi l'interdit (comme la France ou le Portugal). C'était sans compter sur l'inflexibilité de l'UEFA, qui a refusé qu'un club affiche deux sponsors différents pour une même compétition.

Les joueurs de l'OM n'évolueront donc jamais avec le sponsor BetClic prévu pour les rencontres européennes et l'histoire aurait pu (et même dû) s'arrêter là. Oui mais voilà, un jour où le soleil devait taper très fort sur le siège du club installé à la Commanderie-Louis Dreyfus, décision fut prise de mettre en vente ce maillot imaginaire. Le site officiel de l'OM a même osé le présenter comme un "collector"... L'art du marketing sportif ou comment prendre les supporters marseillais pour des sardines à l'huile.

A ce rythme là, pourquoi ne pas commercialiser les maillots fictifs de joueurs n'ayant jamais joué à Marseille ? le n°10 de Lionel Messi ferait sûrement un tabac. Ou peut-être proposer des porte-clés de la Coupe UEFA que l'OM n'a jamais gagné ?
Espérons que le public boudera pour une fois ce maillot ridicule, prouvant ainsi aux spécialistes du merchandising qu'on ne peut pas vendre n'importe quoi à n'importe qui.
Au lieu de proposer aux supporters des produits complètement irréels, les dirigeants marseillais devraient plutôt recruter un attaquant de pointe s'ils veulent revendre un jour de vraies écharpes de champion...

mardi 29 septembre 2009

Le Stade Toulousain au Baron ?

Les looks des rugbymen du Top 14 sont de plus en plus étonnants. Depuis août dernier, les joueurs du Stade Toulousain se font remarquer en portant une moustache dans le pur style seventies, confirmant ainsi que les grands gaillards du rugby français ne manquent pas d’humour.

Pour la photo officielle de début de saison, le XV toulousain avait fière allure. Sur une idée de Clément Poitrenaud, la plupart des joueurs arboraient gaiement une véritable moustache que l'on pourrait qualifier "de la vieille école". L’arrière international a expliqué avoir lancé ce défi à ses partenaires pour rendre hommage au glorieux passé du club, notamment à Pierre Villepreux, emblématique joueur puis entraîneur du Stade dans les années 70-80, et grand adepte du jeu en mouvement.

En termes de pilosité faciale (c'est malheureusement comme ça qu'il faut dire), l'emblématique Sébastien Chabal avait ouvert la voie. Le joueur du Racing Metro porte les cheveux longs et une barbe saillante depuis 2007 ; un look de viking ayant conquis le public français lors de la dernière Coupe du Monde et la fameuse "Chabalmania". Avant cela, le troisième ligne était bien plus discret et presque méconnaissable, alors qu'il évoluait à Bourgoin (de 1998 à 2004).

Autre originalité esthétique, les joueurs du Stade Français jouent ces dernières années avec des maillots improbables. Précurseurs dans ce domaine, les parisiens ont successivement porté une tunique rose flashy très controversée à l'époque (et couleur devenue aujourd'hui l'image du club), un maillot orné de lys dessiné par Kenzo, puis un autre imitation Andy Warhol pour le moins surprenant. Le Stade Français a ainsi révolutionné le style des tenues officielles de rugby. Cette saison, les joueurs du président Max Guazzini font honneur à leur réputation et portent un maillot "cartoon" plutôt hallucinant, dont chacun se fera sa propre opinion.

Ces initiatives, parfois critiquées par les puristes, témoignent d’un certain sens de la dérision de la part des joueurs et des dirigeants, et contribuent largement à la hausse de popularité du rugby en France.

Pas toujours en phase avec la mode (c’est le moins que l’on puisse dire), les rugbymen du Stade Toulousain et leur look rétro sont cette fois dans l’air du temps.
La moustache redevient en effet très tendance, notamment dans les milieux branchés de la capitale. Au Baron, club sélect de l'avenue Marceau, de nombreux moustachus se retrouvent pour danser sur les Clash et chanter Joe Dassin dans la même soirée. Les joueurs toulousains y feront-ils la 3ème mi-temps lors de leur prochain match à Paris ? Rien n’est moins sûr. Pour cela il faudrait que le physio laisse rentrer une équipe de 15 rugbymen dans ce minuscule club de 180 m2, ce qui n'est pas gagné. Remarquez, il paraît qu’un soir il a accueilli à bras ouverts toute une équipe de foot…

mardi 22 septembre 2009

24 heures avec Usain Bolt


Plongez dans le quotidien de l'homme le plus rapide de la planète, triple champion olympique et triple champion du monde, à 23 ans.

8h15 : Usain Bolt éteint son réveil en 11/100e de seconde et se rendort aussi sec.
9h15 : Usain Bolt éteint son réveil en 11/100e de seconde et se rendort aussi sec.
10h16 : Usain Bolt traîne un peu sur l'oreiller en chantant les paroles de Get Up Stand Up de Bob Marley, puis s'éjecte hors du lit.

10h20 : Face au miroir de sa chambre, entre les posters de stars du cricket et de Don Quarrie, Usain Bolt sautille, s'arrête, met la main devant la bouche, l'enlève, sourit, remet la main devant sa bouche, puis se télé-porte dans la salle de bains.
10h23 : Usain Bolt prend sa douche en 9'58''.
10h42 : L'athlète surnommé "la foudre" s'enfile trois ackees en guise de p'tit déj.
10h57 : Un journaliste tente de joindre Usain Bolt pour l’interroger, il tombe sur sa messagerie: "Hi, you have reached Lightning Bolt’s voicemail, please leave a message and I will call you back as fast as I can".

11h04 : Usain Bolt surfe un peu sur internet. Il consulte ses emails, son profil Facebook, et regarde sur Youtube une vidéo de la finale du 400m à Séville en 1999, remportée par Michael Johnson en 43''18' (record du monde).
11h33 : Usain Bolt part voir ses parents à Trelawny, à 100 km au nord de Kingston. Pour s'y rendre, il emprunte à pied l’autoroute 2000 rebaptisée "Autoroute Usain Bolt" en l’honneur du héros national.
11h43 : Arrivé dans sa ville natale, Usain Bolt est accueilli par une foule en délire. Il embrasse sa mère tendrement, récupère son sac de linge propre et repart dans l'autre sens.
11h53: De retour dans la capitale jamaïcaine, Usain Bolt passe à hauteur du MVP Track & Field Club de son compatriote Asafa Powell, qui enchaîne les tours de piste au milieu d'autres coureurs appliqués.

12h12 : Confortablement installé dans un hamac sur sa terrasse, Usain Bolt parcourt au soleil sa collection de bandes-dessinées de Flash.
12h24 : Un livreur de pizzas sonne à la porte, Usain Bolt lui ouvre alors que celui-ci a encore le doigt sur la sonnette. Le temps de cligner des yeux, le coursier se retrouve avec un billet de $20 dans la main à la place de la commande. L’athlète s’enfile une pepperoni extra-cheese et 1/2 litre de soda américain.
14h32 : Allongé sur son lit, Usain Bolt écoute Aux armes et caetera de Serge Gainsbourg, enregistré en Jamaïque avec les Wailers il y a exactement 30 ans...
14h39 : Un chercheur universitaire canadien tente de joindre Usain Bolt, sans succès. Il laisse un message sur son répondeur.

14h54 : La piste d'athlétisme du Racers Track Club d'Usain Bolt est déserte.
14h55 : En pleine partie de PES sur Playstation 3, Usain vient de marquer avec Manchester United, son club favori. Il prend son temps pour apprécier au ralenti le but qu'il a inscrit par Wayne Rooney. Son coach Glen Mills, qui tient la deuxième manette, manque de perdre ses nerfs.
16h00 : L'entraîneur jubile, il vient de remporter la série de matchs au jeu de foot et se verra donc offrir le Mc Do par son poulain. Usain propose une revanche sur Wii.
16h25 : Usain Bolt perd encore le pari, sur Nintendo cette fois, et écope pour celui-ci d'un entraînement immédiat. Il file donc se mettre en tenue de sprinter.
16h26 : De retour dans le salon, il répète le mime de l'éclair cinq ou six fois. Son coach ajuste la position du bras gauche qui doit se situer un peu plus haut selon lui.
16h31 : Fin de l'entraînement.

18h54 : Un scientifique anglais essaie à son tour de joindre Usain Bolt pour l'interroger. Répondeur.
19h28 : Usain Bolt sort sa Ferrari California GT du garage pour aller chercher le dîner avec son coach. Dans la rue, une cinquantaine d’enfants courent autour de la voiture du roi du sprint, qui s'arrête et sort pour leur prodiguer quelques conseils.
19h45 : Au drive-thru, Usain commande deux menus Chicken McNuggets et reçoit deux verres en cadeau. Il rend les verres en indiquant qu'il ne peut pas accepter un tel geste. La serveuse les reprend et remarque les 3 médailles d'or pendues au rétroviseur du bolide.
19h36 : Usain Bolt est pris dans un concert de rue sur le chemin du retour. Il s'arrête à nouveau et rejoint les jeunes rastafari pour danser et reprendre avec eux la chorégraphie d'Elephant Man, inventée pour l'icône national.
19h47 : L'athlète américain Tyson Gay téléphone à Usain Bolt, toujours sur boîte vocale. Il lui laisse un message : "Please don't go to London in 2012".

20h13 : Usain Bolt allume enfin son portable. Il écoute ses messages et renvoie un texto groupé : "I can run faster dan 9’50’’. Peace out".
20h40 : Un violent orage éclate. Usain Bolt sort courir.
22h15 : Usain organise un tournoi de poker chez lui avec ses potes de lycée. Une épaisse fumée d'herbe flotte dans la pièce. Sur la table cohabitent des Red Stripes, des cartes, des jetons, et trois médailles d'or.
00h09 : Le tournoi s'achève sur une victoire d'Usain Bolt, qui insiste pour rendre l'argent perdu par ses copains.
00h41 : Prêt à se coucher, Usain Bolt éteint la lumière de sa chambre et se retrouve au lit avant même que la pièce soit plongée dans le noir.
00h47 : Usain Bolt s’endort en 19’’19’ dans un immense drapeau jamaïcain, devant le générique d’un célèbre film sorti quatre ans avant sa naissance : E.T. L’extraterrestre.

mardi 15 septembre 2009

L'Euro de basket a un prix


L’équipe de France dispute actuellement le championnat d’Europe de basket en Pologne. Avec des représentants NBA assumant leur statut et une génération de jeunes talentueux, les français ont toutes leurs chances lors de l'édition 2009. Malgré cela, les rencontres des Bleus passent relativement inaperçues.

Souvent décevante lors des précédentes compétitions internationales, l’équipe de France de basket réalise cette année un parcours honorable à l’Euro. Les tricolores ont dû passer par l'épreuve des barrages en août avant de valider leur ticket polonais. Des barrages évidemment moins médiatisés que ceux que s’apprêtent à disputer Thierry Henry et sa bande pour tenter de rejoindre la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.
On ne peut que déplorer le manque de visibilité sur l'aventure européenne de nos basketteurs nationaux. Lorsque leurs performances sont évoquées dans les médias français, ce n'est que brièvement, et généralement par des journalistes qu’on pourrait qualifier de …pas très qualifiés.
Sur RMC, malgré son excellente émission et la sympathie qu'il dégage, Vincent Moscato est davantage un spécialiste du franc-parler que du lancer-franc. Sur France 2, il est bien évident que les connaissances de Patrick Montel en basket sont limitées, comme d'ailleurs celles de la plupart des chroniqueurs de stade 2 dans leurs sports respectifs.

Les matchs du championnat d'Europe de basket sont retransmis sur Canal+ Sport (30 euros par mois), à l’heure où TF1 choisit de diffuser Secret Story…La chaîne hertzienne obtient sans aucun doute une meilleure part d'audience avec la téléprison-réalité mais cela ne contribuera certainement pas à faire de la France une grande nation de sport.
Si jamais les basketteurs français atteignent la finale, celle-ci pourrait éventuellement être diffusée sur France Télévisions…Ouais !
Chaque année, le tournoi des 6 Nations de rugby bénéficie d’une couverture médiatique aussi large qu’un maillot de Sebastien Chabal. Pourtant, selon une étude de l’INSEE en 2007, le rugby ne compte que 285 376 licenciés en France tandis qu'il y a 457 121 adeptes du basket. Allez comprendre.

Il faut avouer qu'habituellement le basket est davantage évoqué dans les médias français. L’Equipe Magazine a consacré dernièrement divers numéros sur des joueurs évoluant en NBA, qu’ils soient français ou américains. Lors des playoffs outre-atlantique, les performances de Tony Parker avec les San Antonio Spurs sont régulièrement mises en valeur dans l'Equipe.
Bien que le basket européen soit moins spectaculaire, il n’en reste pas moins intéressant et son niveau s’est considérablement amélioré ces dernières années. Pour preuve, de plus en plus d’européens évoluent dans le meilleur championnat du monde. Lors de la saison 2008-2009, dix français ont foulé les parquets de la NBA, alors qu'un seul l'avait fait en 1997-1998 (Olivier Saint-Jean, devenu Tariq Abdul-Wahad depuis sa conversion à l'Islam, a été limogé par les Dallas Mavericks en 2005).

Donc. Les joueurs de Vincent Collet sont à ce jour invaincus à l’Euro 2009. "Tipi", triple champion NBA, assume enfin son rôle de leader et semble cette fois motivé pour ramener de son séjour européen une médaille d’or plutôt qu’une NRJ Music Award.
Malgré les absences de Mike Pietrus et Joachim Noah (retenus par leurs franchises), les représentants du championnat nord-américain confirment leur rang de cadres de l'équipe, à l'image de Ronny Turiaf et Boris Diaw. Ajoutez à cela les bonnes prestations de jeunes joueurs évoluant en ProA, comme le pivot Ali Traoré ou le meneur Antoine Diot, la France est bien partie pour accrocher le podium.

Et sinon, l’équipe de France de volley-ball est vice-championne d’Europe 2009. Les français se sont inclinés en finale face à la Pologne (3 sets à 1) dans l'indifférence quasi-générale. II faut dire aussi que le match s’est joué en même temps qu’une séduisante affiche de Ligue 1 : Stade Rennais – AS Saint Etienne.

mardi 8 septembre 2009

NCAA vs. NFL


Ces initiales ne vous disent peut-être rien mais pour les américains, grands adeptes de sigles et acronymes en tous genres (du restaurant KFC à l'agence aérospatiale NASA en passant par la ville de NYC), elles sont immédiatement synonymes de sport, et plus précisément de football*.

La NCAA (National Collegiate Athletic Association) est l'association sportive américaine qui organise les programmes sportifs des grandes universités des Etats-Unis. Les joueurs évoluant en NCAA sont donc tous des étudiants, jouant pour le compte de leur fac appelée "college". A la fin de leur scolarité universitaire, les meilleurs joueurs se présentent à la draft avant de débuter leur carrière professionnelle en NFL.
La NFL (National Football League) compte 32 équipes réparties en deux conférences, l'AFC et la NFC (tiens, encore des sigles). Le championnat se déroule en trois phases : La saison régulière, les playoffs et enfin le Super Bowl. Les franchises les plus titrées dans l'histoire de la NFL sont les Pittsburgh Steelers (6 titres), suivis par les Dallas Cowboys et les San Francisco 49ers (5 titres chacun).

Selon un sondage ESPN réalisé en 2006, le football est le sport le plus populaire aux Etats-Unis, devant le basketball et le baseball. Mais le football professionnel est-il plus attirant que le football universitaire ?

En NCAA, la passion autour de l'équipe est un motif de rassemblement pour les étudiants, dans un pays où l'appartenance à une communauté est très importante. L'engouement pour les rencontres de "college football" est considérable et les universités possèdent les plus grands stades du pays. En 2008, lors de la victoire de University of Texas sur son rival Texas A&M, le Memorial Stadium d'Austin a battu le record d'affluence pour un évènement sportif dans l’Etat du Texas (98 621 spectateurs dont plus de 60 000 étudiants déchaînés).
Les rencontres universitaires se déroulent dans une ambiance surchauffée et sont systématiquement accompagnées par l'orchestre de l'école. A University of Florida, l’équipe de football est tellement populaire que les
entraînements de pré-saison des Gators peuvent attirer jusqu’à 50 000 personnes.
La majorité des matchs NCAA, d'un niveau excellent, sont retransmises sur le câble et sur les chaînes locales. Les joueurs, non payés par définition, sont motivés tout au long de la saison pour attirer le regard des recruteurs. Il en résulte un jeu plus dynamique et un spectacle en général plus vivant qu’en ligue pro.

En NFL, les matchs sont rythmés par d'interminables coupures pub pour les chaînes nationales et se déroulent devant un public endormi, qui passe son temps à avaler des "pick food" et du Dr. Pepper dans des gobelets XXL (pour Extra-Extra Large). L'avant-match est un show avec explosions pyrotechniques sur fond de tubes nases du moment. Les animations pendant les pauses (concours sponsorisés) ont pour but de divertir les spectateurs généralement venus en famille. De temps à autre, pour réveiller les fans, les écrans géants invitent à "taper des mains" ou crier "defense" pour encourager l’équipe...La qualité du jeu y est plus élevée qu'en université, mais dans ce sport reposant principalement sur la tactique, les matchs de "pro football" deviennent parfois de véritables parties d'échecs ennuyeuses pour les novices.


En résumé, si vous êtes par exemple en Californie, choisissez une affiche USC vs. UCLA plutôt qu'un quelconque match NFL des Chargers ou des 49ers. Dans tous les cas, mieux vaut connaître les règles avant d'aller au stade...

* Il est évidemment question ici de football américain et non de football européen, appelé "soccer" aux Etats-Unis.

jeudi 3 septembre 2009

Touche pas à mon banc !


En l'espace de quinze ans, les bancs de touche sur lesquels s’installent le staff et les remplaçants pendant les matchs ont connu une véritable révolution. Le bon vieux banc en bois que personne ne voulait cirer a été remplacé par une génération de fauteuils individuels de standing.

Tout a commencé par une bonne blague allemande, en 1995. L’entraîneur du FC Kaiserslautern à l’époque, Fridel Rausch, demande à son pote Ulrich Putsch (propriétaire de Recaro) de lui confectionner un siège très confortable pour suivre les rencontres de son équipe à domicile. Coach Rausch obtient donc son fauteuil personnel conçu par le célèbre fabricant de sièges baquets de la région de Stuttgart.
Quelques journées de Bundesliga plus tard, les joueurs de Kaiserslautern demandent à partager le luxe et le confort de leur entraîneur. Le premier banc de touche customisé est né.

Depuis, la société Recaro a fourni les plus grands clubs : Real Madrid, Manchester United, Newcastle, Ajax Amsterdam, Sao Paulo FC, etc. L'entreprise équipe aujourd'hui plus de 50 stades à travers le monde et une gamme "stadium seats" a même été créée pour satisfaire la demande internationale grandissante.

Une fois n’est pas coutume sportive, la métamorphose des bancs de touche n’est donc pas initialement liée au sponsoring, devenu omniprésent dans le sport en général et dans le foot en particulier. Mais achtung ! Les grandes enseignes sont en train de s’emparer de ce nouveau support de pub qui offre une large visibilité et les bancs (qui n’y ressemblent plus du tout) deviennent de véritables fenêtres marketing.

Ainsi, la compagnie aérienne allemande Lufthansa équipe depuis l'an dernier le Bayern Munich avec des sièges d’avion Business Class...si, si. En Italie, la marque de mobilier de salon Poltrone e Poltrone sponsorise l'Inter Milan et le Milan AC avec des fauteuils en cuir noir, la couleur commune aux deux équipes du Calcio.

Sachant cela, on peut donc craindre et imaginer le pire pour les futurs bancs : fauteuils de ciné à Gerland (Pathé est actionnaire de l'OL), banquette arrière de Q7 à Wolfsburg (détenu par Volskwagen), sièges de tracteur à la Juventus (New Holland est sponsor officiel)...Les publicités les plus absurdes sont malheureusement envisageables.
Une chose est sûre, malgré le confort récent auquel ils ont droit, les remplaçants ne sont pas au bout de leurs peines…