mardi 3 novembre 2009

Le foot européen est Internazionale

Tout a commencé avec l'arrêt Bosman en 1995. Puis il y a eu les nettement moins médiatisés arrêts Malaja (2002) et Kolpak (2003). Ces décisions fondamentales sur la libre circulation des joueurs entre les clubs ont révolutionné le monde du football professionnel, et ont permis à l'Inter Milan de n'aligner aucun joueur italien samedi dernier en Serie A.


L'Internazionale FC Milano a été créé en 1908 par un groupe de dissidents du Milan AC, l'autre club de la ville, à qui ils reprochaient de ne pas embaucher de joueurs étrangers. Les fondateurs de l'Inter ont baptisé le club ainsi pour symboliser leur volonté de donner une chance à des joueurs internationaux d'évoluer en Italie.

Un siècle plus tard, le moins que l'on puisse dire, c'est que le club respecte les principes de sa création. Pour le compte de la 11ème journée du Calcio, l’Inter Milan, leader du championnat, s’est imposé à Livourne (0-2) et pas un seul italien n’a participé à cette rencontre avec le maillot nerazzuro. 4 argentins (J. Zanetti, W. Samuel, E. Cambiasso, D. Milito) 4 brésiliens (Julio César, Maicon, Lucio, Mancini), 1 colombien (I. Cordoba), 1 slovène (R. Khrin), 1 serbe (D. Stankovic), 1 français (P. Vieira), 1 ghanéen (S. Muntari) et 1 camerounais (S. Eto’o) ont foulé la pelouse, sous les ordres d’un entraîneur portugais, José Mourinho...


Le 15 décembre 1995, la Cour Européenne de Justice (CEJ) rendait le célèbre arrêt Bosman et laissait présager de profonds changements dans le football professionnel en Europe, avec la suppression de quotas pour les joueurs intra-communautaires. Deux autres décisions fondamentales ont accéléré le processus d'internationalisation des équipes européennes : En décembre 2002, l'arrêt Malaja a étendu le champ d'application de l'arrêt Bosman à 22 nouveaux pays (Ex-URSS, Balkans, Turquie, Maghreb) ; En mai 2003, l'arrêt Kolpak l'a étendu de manière encore plus significative, à 77 autres pays d'Afrique, du Pacifique et des Caraïbes.

Les ressortissants des pays ne rentrant pas dans le cadre de ces arrêts, comme les argentins ou les brésiliens (ou les thaïlandais, mais c'est plus rare), sont eux considérés comme des joueurs extra-communautaires et sont limités à 4 par club. SAUF s'ils peuvent justifier d'un passeport communautaire, qu'ils obtiennent en général facilement en s'inventant une grand-mère suédoise ou une arrière grand-père roumain.


En résumé, à l'heure actuelle, à peu près n'importe quel joueur peut signer sans contraintes dans n'importe quel club de l'UE.

Roman Abramovitch, riche propriétaire de Chelsea, pourrait par exemple décider si ça lui chante de faire venir toute l’équipe nationale de Russie à Londres pour jouer en Premier League sous les couleurs des Blues...Absurde oui, mais pas impossible. En 2004, le KSK Bereven a présenté 11 ivoiriens face au FC Bruges en finale de la Coupe de Belgique, finalement remportée par les belges 4 buts à 2.


Heureusement, il reste en Europe au moins un club qui résiste à la tentation des joueurs internationaux, et ce au profit de joueurs locaux : l'Atletic Bilbao. La politique du club, très stricte, est de former les meilleurs jeunes du Pays Basque, et surtout de ne recruter pour l’équipe pro que des joueurs originaires de la région. Et pour cela, Bilbao mérite un immense respect. Sportivement, l'Atletic prouve en plus qu'il est tout à fait possible de rivaliser avec les meilleures formations sans avoir recours à des joueurs étrangers : Bilbao est en effet la seule équipe de Liga avec le Real Madrid et le FC Barcelone à n’avoir jamais connu la relégation en 2ème division...


Autre motif de satisfaction, le Président de la FIFA Sepp Blatter tente depuis peu d’imposer à l’UEFA la règle du "6+5" qui obligerait les clubs à aligner à chaque coup d’envoi soit 6 joueurs nationaux (ce qui contredit le principe de libre circulation dans l’UE), soit 6 joueurs formés au club. Bien que l'instance européenne du football n'y soit pas vraiment favorable pour l’instant, Michel Platini s’est déclaré ouvert au débat.

Jusqu'à d'éventuelles législations qui pourraient mettre fin à certaines dérives du foot-business, espèrons que les dirigeants des grands clubs européens sauront être raisonnables. Reste à savoir : Grenoble aurait-il déjà gagné un match cette saison (12 défaites en 12 matchs de Ligue 1) si le Président Kazutoshi Watanabe avait recruté onze japonais au mercato ?

1 commentaire:

  1. Enfin du ballon rond!!!!!!!!!!!!!
    Qui plus est tres interessant
    T es sur la bonne voie bicou

    RépondreSupprimer